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Pourquoi j’ai créé Église Numérique, un annuaire des outils numériques pour les églises

Pourquoi j’ai créé Église Numérique, un annuaire des outils numériques pour les églises

Écrit par : Thibault Chazottes

Un constat né en travaillant sur Ekklesi

L’idée d’Église Numérique est en partie née pendant mon travail sur Ekklesi, la solution que je développe pour permettre aux églises de créer et gérer facilement leur site internet. J’en ai récemment raconté l’origine sur ce blog.

En travaillant sur les besoins numériques des églises, j’ai commencé à découvrir de plus en plus d’outils.

Des logiciels de gestion d’église.

Des solutions pour gérer les dons.

Des outils de communication.

Des logiciels de projection.

Des solutions pour diffuser un culte en direct.

Des outils pour créer des visuels, gérer une newsletter, organiser des événements ou encore administrer un site internet.

L’écosystème est beaucoup plus riche qu’on pourrait le penser.

Le problème, c’est qu’il est aussi très dispersé.

Certains outils sont très connus. D’autres sont excellents mais beaucoup plus difficiles à découvrir. Certains sont spécifiquement pensés pour les églises francophones, tandis que d’autres sont des solutions généralistes qui répondent malgré tout très bien à leurs besoins.

Je me suis donc posé une question assez simple :

où est-ce qu’un responsable d’église peut aller pour découvrir les outils numériques qui pourraient réellement lui être utiles ?

C’est de cette réflexion qu’est né Église Numérique.


Un annuaire, mais pas seulement une liste de liens

L’objectif d’Église Numérique est de regrouper au même endroit des outils et des ressources utiles aux églises.

L’idée n’est pas simplement d’accumuler des liens.

Chaque outil peut être présenté dans une catégorie correspondant à un besoin concret : gestion d’église, communication, site internet, dons, projection, diffusion vidéo, création graphique, etc.

L’objectif à terme est surtout qu’un responsable d’église qui se pose une question puisse plus facilement trouver les solutions existantes et comprendre ce qu’elles peuvent lui apporter.

Le projet s’adresse notamment aux personnes qui doivent gérer une partie du numérique de leur église sans forcément être développeurs, designers ou spécialistes de la communication.

Et c’est un point important pour moi : Église Numérique doit rester utile à quelqu’un qui n’utilisera jamais Ekklesi.


Est-ce que ce projet aide aussi Ekklesi ? Évidemment.

Je pourrais présenter Église Numérique comme un projet totalement indépendant d’Ekklesi et prétendre qu’il n’existe aucun intérêt stratégique derrière.

Ce ne serait pas très crédible.

Oui, Église Numérique peut aussi aider Ekklesi.

Le projet me permet de mieux comprendre l’écosystème numérique des églises, d’identifier leurs besoins, de découvrir d’autres acteurs et de produire du contenu autour de sujets directement liés au marché sur lequel évolue Ekklesi.

Il peut également contribuer à faire connaître Ekklesi lorsque la solution répond réellement au besoin d’un visiteur.

Mais cela ne fonctionne que si Église Numérique possède d’abord sa propre valeur.

Si l’objectif avait simplement été de créer quelques pages contenant des liens vers mon SaaS, le projet aurait peu d’intérêt, aussi bien pour les visiteurs que sur le long terme.

Au contraire, une grande partie du travail consiste justement à rechercher, référencer et mettre en avant d’autres outils, y compris des solutions commerciales qui ne m’appartiennent évidemment pas.

Des éditeurs peuvent également proposer directement leur outil afin qu’il soit étudié et éventuellement ajouté à l’annuaire.

Le pari est donc plutôt celui-ci : créer une ressource réellement utile à l’écosystème et laisser les bénéfices indirects venir ensuite.


Pour une fois, le code était la partie facile

C’est probablement ce qui rend ce projet intéressant à raconter sur mon blog.

Habituellement, mes contenus parlent beaucoup de PHP, Laravel, Vue.js ou plus généralement de développement web.

Sur Église Numérique, la problématique technique était finalement assez classique.

Il fallait afficher des outils, gérer des catégories, créer des fiches, publier du contenu et disposer d’une administration simple.

Rien qui nécessite une architecture particulièrement exotique.

Le vrai défi était plutôt de répondre à des questions auxquelles mon métier de développeur ne m’a pas forcément habitué :

  • Comment positionner le site ?
  • Quelles catégories créer ?
  • Quels outils référencer en premier ?
  • Comment présenter les fiches pour qu’elles soient réellement utiles ?
  • Comment obtenir les premiers visiteurs ?
  • Comment convaincre des sites de parler du projet ?
  • Comment obtenir des backlinks pertinents ?
  • Quels contenus créer pour le référencement naturel ?
  • Comment contacter les éditeurs sans transformer le projet en catalogue publicitaire ?
  • Comment faire connaître un nouveau site alors que personne ne le recherche encore par son nom ?

Bref, beaucoup moins de php artisan et beaucoup plus de stratégie, de SEO, de marketing et de prise de contact.

Et c’est précisément ce qui m’intéresse dans ce projet.


Utiliser l’IA là où elle me fait réellement gagner du temps

Église Numérique est également assez représentatif de la manière dont ma façon de travailler évolue avec les outils d’intelligence artificielle.

Je pourrais évidemment développer moi-même toutes les pages du projet.

Mais sur ce projet, ce n’était clairement pas là que se trouvait la meilleure utilisation de mon temps.

J’ai donc utilisé un trio d’outils que j’apprécie particulièrement dans mon workflow actuel.

ChatGPT pour réfléchir et challenger la stratégie

J’utilise notamment ChatGPT en amont pour travailler sur le positionnement du projet, réfléchir à la structure du site, analyser des pistes SEO, préparer certaines prises de contact ou simplement challenger mes idées.

L’intérêt n’est pas de lui demander de décider à ma place.

Je l’utilise plutôt comme un interlocuteur disponible en permanence avec lequel je peux confronter une idée, explorer plusieurs pistes puis décider de celle que je veux réellement mettre en œuvre.

Lovable pour passer rapidement de l’idée à une interface

Pour la partie visuelle, j’ai utilisé Lovable afin de créer rapidement une première proposition d’interface.

C’est un usage de l’IA que je trouve particulièrement intéressant.

Au lieu de passer plusieurs heures à construire une première maquette ou à partir directement dans le code sans avoir réellement fixé l’interface, je peux rapidement obtenir une base visuelle, la critiquer et la faire évoluer.

La maquette n’est pas le produit final.

Elle sert surtout à réduire énormément le temps entre « j’ai une idée » et « voilà concrètement à quoi elle pourrait ressembler ».

Cursor pour transformer tout cela en véritable projet

Une fois la direction définie, Cursor m’a permis d’accélérer fortement l’implémentation.

Le projet reste basé sur des technologies que je connais et que j’utilise régulièrement : Laravel et Statamic.

C’est important à mes yeux.

Utiliser l’IA pour générer du code ne signifie pas choisir une stack que je ne comprends pas et espérer que tout fonctionne.

Je préfère au contraire utiliser ces outils dans un environnement que je maîtrise suffisamment pour comprendre l’architecture proposée, relire le code, identifier les mauvais choix et reprendre la main lorsque c’est nécessaire.

Je parle régulièrement de Laravel et de développement web sur ce blog, ainsi que dans mes vidéos YouTube et mes formations.


Le rôle du développeur change-t-il ?

Ce projet m’a aussi fait réfléchir à quelque chose de plus général.

Pendant longtemps, une grande partie de la valeur d’un développeur venait naturellement de sa capacité à transformer une idée en code fonctionnel.

Cette compétence reste évidemment importante.

Mais les outils actuels permettent de réduire considérablement le temps nécessaire pour certaines tâches de développement relativement classiques.

Sur Église Numérique, mon rôle n’était donc pas tellement de prouver que j’étais capable de développer un annuaire avec Laravel.

Je sais le faire.

La valeur était davantage dans les décisions prises autour du projet :

comprendre le besoin, choisir ce qui mérite d’être développé, structurer les données, sélectionner les technologies, contrôler ce qui est généré, réfléchir à l’expérience utilisateur puis réussir à amener des personnes sur le site.

Autrement dit, écrire le code n’était qu’une partie du travail, et probablement pas la plus difficile.

Je trouve cette évolution plutôt intéressante.

Elle permet de consacrer davantage de temps au produit lui-même.


Développer un site est facile. Le faire exister l’est beaucoup moins.

Une fois Église Numérique techniquement en ligne, le travail ne faisait en réalité que commencer.

Un annuaire sans visiteurs et sans outils intéressants reste simplement une base de données accessible publiquement.

Il faut donc progressivement construire son utilité.

Cela passe par la recherche de nouvelles solutions à référencer, les échanges avec leurs éditeurs, la création de contenus, le référencement naturel et la recherche de sites susceptibles de mentionner Église Numérique lorsqu’il peut être utile à leur audience.

C’est également pour cela que j’ai ajouté la possibilité de proposer un outil.

Je peux évidemment rechercher moi-même les solutions existantes, mais l’objectif est qu’à terme les acteurs de cet écosystème participent également à enrichir la plateforme.

C’est une mécanique que je connais beaucoup moins bien que le développement d’une application Laravel.

Et c’est justement ce qui rend l’expérience intéressante.


Sortir un peu de sa zone de confort de développeur

Je passe une grande partie de mon temps professionnel à développer ou à former d’autres développeurs.

Créer Église Numérique m’oblige à travailler davantage sur des sujets que j’ai longtemps considérés comme périphériques : SEO, acquisition, partenariats, communication, positionnement ou encore distribution d’un produit.

Pourtant, créer un bon produit sans savoir comment le faire connaître reste un problème.

On peut avoir une architecture parfaite, une excellente couverture de tests et un code magnifique : si personne ne sait que le projet existe, cela ne change pas grand-chose.

Église Numérique est donc aussi pour moi une manière d’apprendre ces sujets sur un véritable projet.

Et probablement de faire quelques erreurs au passage.


Un projet que j’ai envie d’observer dans le temps

Je ne sais pas encore jusqu’où ira Église Numérique.

Mais j’aime beaucoup l’idée de construire progressivement une ressource qui puisse devenir un point d’entrée vers les outils numériques destinés aux églises francophones.

Le site continuera à s’enrichir avec de nouveaux outils et de nouveaux contenus.

De mon côté, je vais surtout observer ce qui fonctionne réellement : les pages qui attirent du trafic, les recherches effectuées, les outils qui intéressent le plus les visiteurs, les backlinks obtenus, les réponses à mes prises de contact et les stratégies qui ne fonctionnent absolument pas.

Je ferai probablement un bilan dans quelques mois.

Ce sera l’occasion de répondre à une question qui m’intéresse finalement beaucoup :

est-ce qu’un développeur qui connaît davantage Laravel que le marketing peut réussir à faire émerger un média de niche en partant de zéro ?

On verra bien.

En attendant, si le sujet vous intéresse ou si vous êtes impliqué dans la communication ou le numérique d’une église, vous pouvez découvrir Église Numérique.

Et si vous développez vous-même un outil qui pourrait être utile aux églises, il est également possible de le proposer directement sur le site.

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