Cela fait maintenant plus de dix ans que je travaille dans le développement web.
Au fil des années, j’ai eu l’occasion de créer beaucoup de sites et d’applications, pour des entreprises comme pour des associations. Et forcément, étant moi-même impliqué dans une église, j’ai aussi régulièrement observé la manière dont les églises utilisent le numérique.
C’est de là qu’est progressivement née une idée : est-ce qu’on ne pourrait pas simplifier radicalement la création d’un site internet pour une église ?
Cette réflexion a fini par donner naissance à Ekklesi.
Le constat : créer un site internet reste compliqué pour beaucoup d’églises
Aujourd’hui, créer techniquement un site internet n’a jamais été aussi accessible.
WordPress, Wix, Squarespace et de nombreux autres outils permettent de construire un site sans nécessairement être développeur.
Pourtant, dans les faits, le problème reste entier pour beaucoup d’églises.
Il faut choisir un outil, un hébergeur, éventuellement un thème, comprendre comment organiser les pages, maintenir le site, gérer les mises à jour, penser à la sécurité…
Et surtout : il faut quelqu’un qui accepte de s’en occuper dans la durée.
Certaines églises ont la chance d’avoir un développeur, un graphiste ou quelqu’un de suffisamment à l’aise avec le numérique dans leur communauté.
D’autres non.
Il reste évidemment possible de faire appel à un professionnel. Mais la création d’un site sur mesure représente rapidement un budget de plusieurs milliers d’euros, sans compter sa maintenance.
Pour une petite église locale, ce n’est pas toujours réaliste.
C’est précisément le problème auquel j’ai voulu répondre avec Ekklesi.
Et si l’église n’avait presque rien à construire ?
En réfléchissant au problème, je me suis rendu compte que la majorité des sites d’églises avaient finalement des besoins assez similaires.
Il faut présenter l’église.
Afficher son adresse et ses horaires.
Expliquer ses convictions ou sa confession.
Présenter éventuellement son équipe.
Publier des actualités et des annonces.
Partager les enseignements, qu’ils soient disponibles sous forme de vidéo YouTube, de podcast, de fichier audio ou de document.
Permettre de faire un don.
Bien sûr, chaque église est différente. Mais la structure générale d’un site d’église peut être largement préparée en amont.
L’idée d’Ekklesi est donc devenue assez simple :
plutôt que de donner à une église un outil permettant de construire un site, pourquoi ne pas lui donner directement un site déjà construit ?
L’église n’a alors plus à réfléchir à la conception technique du site.
Elle renseigne ses informations, ajoute ses contenus et personnalise ce qui doit l’être.
Ekklesi s’occupe du reste.
L’objectif est qu’une communauté puisse obtenir rapidement un site propre et moderne sans avoir à connaître HTML, CSS, PHP, WordPress ou même le fonctionnement d’un hébergement web.
Derrière cette simplicité, un défi technique assez intéressant
Évidemment, rendre quelque chose simple pour l’utilisateur implique souvent de rendre les choses un peu plus compliquées derrière.
Et c’est justement ce qui a rendu le développement d’Ekklesi particulièrement intéressant pour moi.
Je voulais éviter de créer et maintenir une installation complètement indépendante pour chaque église.
Avec quelques clients, cela fonctionnerait.
Avec plusieurs dizaines ou plusieurs centaines, beaucoup moins.
J’avais besoin d’une architecture permettant de faire évoluer la plateforme tout en conservant une gestion centralisée.
Pour cela, j’ai choisi de construire une partie importante d’Ekklesi autour de Statamic.
J’utilise ce CMS depuis un moment et j’apprécie particulièrement son approche : on retrouve la puissance et l’écosystème de Laravel tout en disposant d’un véritable CMS. J’en ai fait une présentation complète si vous découvrez encore l’outil.
Mais Ekklesi m’a obligé à aller plus loin que son fonctionnement classique.
Adapter Statamic à une plateforme multi-églises
Le défi était notamment de permettre à plusieurs églises d’utiliser la même plateforme tout en donnant à chacune l’impression de gérer son propre site.
Chaque utilisateur doit uniquement accéder aux contenus de son église.
Ses actualités.
Ses annonces.
Ses enseignements.
Ses médias.
Ses paramètres.
Et évidemment, un responsable d’une église ne doit jamais pouvoir consulter ou modifier les données d’une autre.
J’ai donc dû adapter une partie du fonctionnement habituel de Statamic et travailler autour de la gestion des sites, des utilisateurs, des permissions et des ressources afin de rendre tout cela transparent.
C’est exactement le genre de problématique que j’aime dans le développement : partir d’un outil existant, comprendre suffisamment son fonctionnement interne puis l’adapter à un besoin métier très particulier.
Et c’est aussi une bonne illustration de ce que permettent aujourd’hui PHP et Laravel.
Je parle régulièrement de ces sujets sur ce blog, notamment dans mes contenus consacrés à Laravel, PHP et plus généralement au développement web.
J’en parle également régulièrement en vidéo sur ma chaîne YouTube, notamment à travers mes contenus consacrés à PHP et Laravel.
Ekklesi n’est d’ailleurs pas une seule application
Un autre aspect intéressant du projet est son architecture.
Quand on parle d’Ekklesi, on pourrait imaginer une seule grosse application.
En réalité, plusieurs briques travaillent ensemble.
Il y a d’abord la plateforme qui fait fonctionner les sites des églises, construite autour de Statamic et Laravel.
Mais il y a également le site public d’Ekklesi, qui présente la solution et son fonctionnement. Celui-ci utilise lui aussi Statamic pour toute la partie éditoriale.
À côté, une application Laravel plus classique gère le dashboard client et les fonctionnalités qui n’ont pas vocation à vivre directement dans le CMS : compte client, abonnement, paiements et différentes opérations liées à la gestion du service.
Enfin, j’utilise Laravel Nova pour une partie de l’administration interne d’Ekklesi.
Cela me permet de conserver une séparation assez nette :
- Statamic pour les contenus et les sites ;
- Laravel pour la logique applicative et l’espace client ;
- Laravel Nova pour mon back-office et l’administration de la plateforme.
Ce découpage permet surtout de choisir le bon outil pour chaque besoin plutôt que d’essayer de tout faire rentrer artificiellement dans une seule interface.
Laravel est d’ailleurs une technologie que j’utilise depuis de nombreuses années et sur laquelle je publie régulièrement des articles sur ce blog ainsi que des vidéos et tutoriels.
Le numérique dans les églises ne se limite pas au site internet
En travaillant sur Ekklesi, je me suis aussi intéressé plus largement aux outils numériques utilisés par les églises.
Gestion des membres, communication, dons, diffusion des cultes, présentations, newsletters, sites internet…
Il existe énormément de solutions, mais elles sont parfois difficiles à découvrir, particulièrement lorsqu’on recherche des outils adaptés au monde francophone.
C’est notamment ce constat qui m’a amené à travailler également sur Église Numérique, un projet consacré aux outils et ressources numériques pour les églises. J’ai raconté pourquoi j’ai créé cet annuaire.
L’objectif est différent d’Ekklesi.
Ekklesi répond à un besoin précis : faciliter la création et la gestion du site internet d’une église.
Église Numérique a une vocation plus large : aider les responsables et les personnes impliquées dans la communication de leur communauté à découvrir les outils qui peuvent leur être utiles.
Les deux projets répondent finalement à une même conviction : le numérique doit rester un outil au service de l’église, et non devenir une contrainte supplémentaire.
Un projet qui réunit plusieurs choses que j’aime
Ekklesi est évidemment un projet entrepreneurial.
Mais c’est aussi un projet particulièrement intéressant pour moi en tant que développeur.
Il réunit beaucoup de sujets sur lesquels je travaille depuis des années : PHP, Laravel, architecture applicative, développement SaaS, automatisation, gestion des utilisateurs, hébergement et expérience utilisateur.
Avec une contrainte supplémentaire que je trouve particulièrement intéressante :
toute cette complexité technique doit être invisible pour l’utilisateur final.
Une personne qui ajoute l’horaire du culte du dimanche n’a pas à savoir qu’il existe derrière plusieurs applications Laravel, une architecture multi-site, des permissions ou un système de déploiement.
Elle doit simplement pouvoir modifier son horaire.
C’est probablement l’un des enseignements les plus importants que je retire de mes années de développement : la qualité technique d’un projet ne se mesure pas au nombre de technologies utilisées.
Elle se mesure aussi à notre capacité à faire disparaître cette complexité pour ceux qui utilisent réellement le produit.
Et maintenant ?
Ekklesi continue encore d’évoluer.
Les premiers sites permettent déjà de gérer les informations principales d’une église, ses annonces, ses actualités, ses enseignements et les dons en ligne.
D’autres fonctionnalités viendront progressivement compléter la plateforme selon les besoins réellement rencontrés par les églises qui l’utilisent.
Et c’est probablement la partie que je trouve la plus intéressante aujourd’hui : construire le produit non pas uniquement à partir de ce que j’imagine derrière mon écran, mais à partir des retours et des usages réels.
Si vous êtes développeur, je partagerai probablement ici d’autres retours techniques sur la construction d’Ekklesi, notamment autour de Statamic, Laravel et de l’architecture multi-site.
Et si vous êtes plutôt ici parce que vous êtes impliqué dans une église et que la problématique vous parle, vous pouvez simplement découvrir la plateforme et son fonctionnement.
Dans les deux cas, ce projet devrait encore me fournir pas mal de sujets à partager ici.